📮 Chloro-Com’ (FR) #4 — Lire les arbres, entendre les plantes
Et si la communication commençait par ce qui s’accorde avant de s’expliquer ?
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Il y a quelques jours, un post sur LinkedIn m’a arrêté net.
On y parlait d’une initiative toute simple : donner un nom aux arbres d’une ville, non pas pour “faire joli”, mais pour offrir aux habitants une occasion de les reconnaître, de les lire peut-être — de commencer un dialogue.
Un geste évident.
Une intention douce.
Et pourtant, sous le post, la même interrogation revenait :
« Est-ce que les gens prendront vraiment le temps de lire ces noms ? »

Cette question, loin d’être cynique, disait tout autre chose :
notre difficulté croissante à entendre un langage qui n’est pas le nôtre.
Parce qu’on croit que le problème, c’est le nom : trop latin, trop long, trop compliqué.
Mais le vrai nœud n’est jamais là.
Ce n’est pas une question de nomenclature.
C’est une question d’attention.
Savoir lire, avant même de savoir nommer
Un arbre n’a pas attendu qu’on le baptise pour exister.
Il n’a pas attendu une plaque pour devenir lisible.
Il parlait déjà — à sa façon :
par gradients électriques, par micro-variations de turgor, par émissions chimiques, par ajustements lents mais précis.
Un langage loin de nos alphabets, mais pas moins réel.
Et c’est là que tout se joue.
Nous continuons de penser que “communiquer”, c’est émettre des mots.
Le végétal, lui, communique en ajustant.
Il dit :
« Je suis là »
« Quelque chose change »
« Voici ce dont j’ai besoin »
Avec économie.
Avec justesse.
Sans jamais lever la voix.
Quand le vivant devient audible
Cette idée m’a rappelé deux expériences récentes — différentes, mais profondément liées.
D’abord, une installation artistique où l’activité électrique d’une plante (un Spathiphyllum, la Fleur de Lune) est traduite en sons et en images1 : une plante qui devient musique, un flux invisible qui devient mouvement, une sensibilité végétale rendue perceptible.
Puis, un projet relayé par Numerama : des ingénieurs et des artistes britanniques ont conçu un dispositif où les signaux bio-électriques de plantes et de champignons activent des bras bioniques qui tapent sur les touches d’un synthétiseur.2
Chaque touche fait un son.
Chaque variation électrique devient une pulsation musicale.
Dans les deux cas, rien n’est “ajouté” au végétal :
on rend simplement audible ce qui était déjà là.
Pour prolonger cette idée, j’ai déposé un fragment ici : 👉 → Le langage du végétal
Un éclat très court, très simple, mais qui dit exactement cela :
lorsqu’on ralentit, quelque chose se met à parler.
Deux logiques qui se croisent
En observant ces initiatives — nommer les arbres, traduire l’électricité végétale, transformer les signaux du vivant en mouvement ou en musique — quelque chose se précise :
➡️ Nous cherchons à créer du lien par le langage.
➡️ Le végétal crée du lien par la cohérence.
Nous alignons des mots, il aligne ses processus.
Nous tentons de convaincre, il ajuste.
Une plante ne s’explique jamais :
elle répond, elle s’accorde, elle se synchronise avec ce qui l’entoure.
Et peut-être que, pour nous aussi, la communication la plus juste commence là :
dans ce qui est aligné, avant d’être expliqué.
Ce que cela change pour nous
Ce n’est pas un plaidoyer pour “parler aux arbres”.
C’est une invitation : retrouver une attention capable d’entendre ce qui n’est pas verbal.
Parce qu’avant les mots, il y a :
l’accord,
l’intention,
la clarté,
la présence.
Les plantes le pratiquent naturellement.
Nous, moins.
Et si notre rapport au vivant nous aidait à réapprendre ce que la communication signifiait avant de devenir une performance ?
Un mouvement simple :
se mettre en cohérence avant de chercher à convaincre.
C’est là que germe, dans mes carnets, un fil que je continue d’explorer :
Comment bâtir une communication humaine inspirée de la manière dont le végétal communique déjà.
Une communication moins bavarde, plus juste.
Moins tournée vers l’émission, plus sensible à la réception.
Moins anxieuse, plus vivante.
Je t’en reparlerai.
Il y a là une graine qui s’ouvre lentement, mais sûrement.
Merci d’être là.
Dans cette lecture où chaque mot essaie seulement de t’aider à mieux entendre ce qui pousse — autour de toi, et parfois en toi.
À très vite,
Franz | 1erCopyVegetal 🌿
des mots qui prennent racine





