đź Chloro-Comâ (FR) #6 â Dormance
Et si la vraie reprise commençait par une pause ? Ce que la dormance nous apprend sur la nouvelle année.
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A lâapproche de la fin dâannĂ©e et de ses traditionnels « bilans », les calendriers sont pleins, les rĂ©solutions circulent, et les âplans 2026â fleurissent plus vite que les bourgeons.
Mais si on Ă©coute honnĂȘtement nos corps (et parfois nos tĂȘtes), lâĂ©lan nâest pas toujours lĂ .
Cette lettre nâest pas une invitation Ă ralentir.
Câest une tentative de comprendre quand le vivant choisit de ne pas agir.
Ce dĂ©calage mâa frappĂ© ces derniers jours : dehors, la plupart des formes de vie⊠ne âreprennentâ pas.
Elles patientent.
Elles se taisent.
Elles stockent.
Et si la meilleure maniĂšre de commencer lâannĂ©e Ă©tait moins spectaculaire que ce que lâon nous vend ?
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Quand le vivant choisit dâattendre
La dormance, ce nâest pas lâhibernation âromantiqueâ.
Dormance, n.f
Ătat dâinactivitĂ© biologique, se traduisant par lâarrĂȘt momentanĂ© du dĂ©veloppement, et qui caractĂ©rise les graines, les bourgeons dâhiver Ă bois ou Ă fleurs.
Câest une stratĂ©gie trĂšs prĂ©cise : quand les conditions deviennent dĂ©favorables (froid, manque de lumiĂšre, stress), beaucoup de plantes et de graines passent en mode attente active.
En surface, plus rien ne bouge.
Pas de nouvelles feuilles,
Pas de nouvelles pousses.
En profondeur, pourtant, le vivant consolide, stocke, répare, prépare la suite.
La dormance nâest pas un abandon.
Câest un refus dâinvestir au mauvais moment.
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Ce que la dormance change dans notre rapport au temps
Tout moment nâest pas un bon moment pour pousser.
Nous confondons souvent disponibilité du calendrier et disponibilité intérieure.
Parce quâun crĂ©neau existe, nous pensons quâil faut lâoccuper.
Le vivant, lui, fonctionne autrement : il choisit ses fenĂȘtres dâexpansion.
Il accepte que certaines périodes ne soient pas des moments de résultats, mais des phases de réglage.
Janvier nâest pas toujours fait pour âproduireâ.
Parfois, il sert simplement à se réaligner.
La pause peut ĂȘtre volontaire, pas subie.
La dormance nâest pas un effondrement.
Ce nâest pas âje craqueâ, ni âje disparaisâ.
Câest une dĂ©cision rĂ©gulĂ©e :
â RĂ©duire lâactivitĂ© visible pour stabiliser lâinvisible.
â Revoir ses prioritĂ©s.
â Clarifier ce que lâon veut rĂ©ellement nourrir.
â Assumer un tempo personnel, mĂȘme Ă contre rythme.
La vigueur future se prépare dans les phases calmes.
Les bourgeons ne se forment pas au printemps.
Ils se construisent bien avant, dans des périodes silencieuses, peu spectaculaires.
Beaucoup de nos résultats futurs dépendront de ce que nous posons maintenant en sous-sol : des systÚmes plus simples, des choix plus clairs, et parfois, des décisions de non-faire.
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Si tu veux essayer
Je te propose un micro-rituel simple, sans enjeu de performance : la semaine dormante.
Choisis une semaine de janvier oĂč tu dĂ©cides volontairement de ne rien lancer de nouveau.
Pas de grand projet.
Pas de nouvelle offre.
Pas de refonte majeure.
Juste un temps mis Ă part.
Pendant cette semaine, tu peux te contenter de trois gestes sobres :
clarifier ce que tu veux réellement nourrir en 2026 (trois projets maximum),
arrĂȘter une chose qui ne mĂ©rite plus ton Ă©nergie,
poser un micro-systĂšme qui te soulagera (une routine, un outil, un rendez-vous avec toi-mĂȘme).
Regarde cette période non comme un retard, mais comme une zone tampon.
Une dormance choisie, qui prépare une croissance plus juste, au bon moment.
Si tu le souhaites, tu peux renommer ce rituel Ă ta maniĂšre
(semaine bourgeon, semaine sous-sol, ou tout autre mot qui te parle).
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Il reste une question que je nâai pas encore rĂ©solue :
Comment savoir, avec honnĂȘtetĂ©, si lâon est en vraie dormanceâŠ
ou juste en train dâĂ©viter ce qui compte ?
La ligne est fine. Le vivant lui-mĂȘme joue parfois sur ce bord.
Peut-ĂȘtre quâon ira voir ça ensemble dans une prochaine lettre.
âž»
La Pause Végétale
Dans le vivant, la dormance ne se vit pas toujours seul.
Certaines stratĂ©gies passent par lâassociation, la lenteur partagĂ©e, lâĂ©quilibre minimal.
Le Lichen symbiotique (Association entre un champignon et une algue ou une cyanobactérie) en est un bel exemple.
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âž»
JâĂ©cris ces lettres pour observer comment le vivant pense le temps, et ce que cela change dans nos façons de travailler, dĂ©cider, transmettre.
Cette Ă©dition clĂŽt lâannĂ©e.
La prochaine ouvrira une autre question : quand vient le moment de sortir de terre.
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Jâaimerais savoir oĂč tu en es, toi, avec cette idĂ©e de pause.
Est-ce que tu tâautorises une forme de dormance en cette pĂ©riode stratĂ©gique, ou est-ce que tu te sens poussé·e Ă repartir Ă fond ?
Tu peux me le dire en commentaire : je lis tout, mĂȘme si je ne rĂ©ponds pas toujours immĂ©diatement.
Et si cette Ă©dition peut inspirer quelquâun de ton entourage, nâhĂ©site pas Ă la partager.
PS : Cette lettre est la derniĂšre de 2025. La prochaine paraĂźtra dĂ©but janvier, le 4, sauf si le rythme Ă©volue dâici lĂ . Dâailleurs je rĂ©flĂ©chis tranquillement Ă la frĂ©quence de Chloro-Comâ.
Merci dââavoir parcouru cette lettre.
Au plaisir de te lire.
â
Franz
Faire circuler lâessentiel.





